Corridors commerciaux : les enjeux de la facilitation du commerce au cœur des priorités nationales
Uvira, le 30 octobre – Comment mieux relier les territoires, réduire les obstacles aux échanges et améliorer la circulation des marchandises en République démocratique du Congo ? Ces questions ont occupé une place importante lors de la troisième édition du RDC Transport Infrastructure & Logistics Investment Forum (RIF 2026), clôturée le 28 octobre à Kinshasa. Les orientations discutées à cette occasion rejoignent plusieurs enjeux auxquels répond le PFCIGL, dont les activités en RDC s’étendent désormais au Haut-Katanga.
Organisé pendant trois jours, le forum a réuni les acteurs concernés par le développement des infrastructures de transport et de la logistique. Les travaux, clôturés sous la présidence du Vice-Premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba Gombo, en présence de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ont mis en avant la nécessité de mieux articuler les infrastructures et les réseaux de transport autour de corridors stratégiques intégrés.
L’ambition est de dépasser une approche fondée sur des projets isolés pour améliorer les connexions entre les provinces et renforcer les échanges de la RDC avec les pays voisins. La feuille de route attendue doit notamment distinguer les mesures pouvant être engagées rapidement, les réformes nécessitant une concertation et les investissements à programmer.
La réflexion engagée au RIF 2026 rappelle que le développement des infrastructures de transport ne suffit pas, à lui seul, à garantir la fluidité des échanges commerciaux. Les conditions de passage aux frontières, l’organisation des services, les procédures administratives et les équipements destinés aux opérateurs économiques jouent également un rôle déterminant.
C’est à ce niveau que se situe la contribution du PFCIGL. Mis en œuvre en RDC et au Burundi, le Projet vise à faciliter les échanges transfrontaliers et à renforcer l’intégration économique régionale, notamment par l’amélioration des infrastructures commerciales et l’accompagnement des petits commerçants transfrontaliers.
Dans le Sud-Kivu, les travaux au poste frontalier de Kavimvira, au port de Kalundu et au marché transfrontalier de Kavimvira à Kagando illustrent cette approche. Ces investissements visent à améliorer les conditions d’accueil et de travail des opérateurs, à mieux organiser les espaces commerciaux et à faciliter les opérations liées au passage des marchandises.
À ces infrastructures s’ajoutent des interventions consacrées aux dispositifs de facilitation du commerce et à l’amélioration de l’environnement dans lequel les petits commerçants exercent leurs activités. L’objectif est que les infrastructures et les mesures d’accompagnement contribuent ensemble à rendre les échanges plus accessibles et plus efficaces.
Du Sud-Kivu au Haut-Katanga, une portée élargie
L’extension officielle des activités du PFCIGL-RDC au Haut-Katanga marque une nouvelle étape dans le déploiement du Projet. Cette extension couvre notamment les sites de Kasumbalesa, Kipushi, Mokambo et Sakania, dans une province qui occupe une place importante dans les échanges commerciaux de la RDC avec l’Afrique australe.
Cette évolution élargit le champ géographique des interventions du Projet et donne une nouvelle dimension à son action en matière de facilitation du commerce. Elle permet de mettre en perspective les enjeux rencontrés aux frontières de l’Est du pays avec ceux des points de passage situés dans le corridor sud.
Les réalités de ces espaces ne sont pas identiques. Toutefois, les commerçants et les transporteurs y sont confrontés à une préoccupation commune : pouvoir réaliser leurs opérations dans des conditions plus fluides, prévisibles et adaptées aux besoins des échanges.
L’extension au Haut-Katanga ne signifie pas que le PFCIGL construit ou finance l’ensemble du corridor sud. Elle permet plutôt au Projet d’intervenir, dans le cadre de son mandat et des activités prévues sur les sites concernés, sur des maillons importants de la facilitation du commerce transfrontalier.
Les orientations discutées au RIF 2026 et les objectifs du PFCIGL se rejoignent ainsi sur un enjeu central : améliorer la connectivité économique en agissant sur plusieurs dimensions complémentaires.
Les grands axes de transport facilitent les déplacements entre les territoires et les marchés. Les postes frontaliers, les ports et les marchés transfrontaliers offrent les infrastructures nécessaires aux opérations commerciales. Les dispositifs de facilitation, quant à eux, contribuent à améliorer les conditions dans lesquelles les marchandises franchissent les frontières et les opérateurs réalisent leurs activités.
Pour le PFCIGL, l’enjeu est de faire en sorte que les investissements réalisés et les mesures de facilitation mises en œuvre répondent aux besoins concrets des commerçants, des transporteurs et des populations qui dépendent du commerce transfrontalier.
À travers ses interventions dans la région des Grands Lacs et son extension au Haut-Katanga, le PFCIGL contribue, à son échelle et dans les limites de son mandat, à cet effort d’amélioration des conditions du commerce transfrontalier et de renforcement de l’intégration économique régionale.