Évaluation de l’état de mise en œuvre du PFCIGL au centre de la 3ème Réunion du Comité Régional de Coordination à Bujumbura
Bujumbura, Burundi – du 02 au 04 février 2026 – La 3ème Réunion du Comité Régional de Coordination (CRC) du PFCIGL s’est ouverte ce lundi 02 février 2026 à Bujumbura, au Burundi. La rencontre est organisée sous l’égide du COMESA, dans le cadre du suivi et de la coordination régionale de la mise en œuvre du PFCIGL en RDCongo et au Burundi. Cette rencontre régionale de haut niveau réunit les délégations de la RDCongo, de la République du Burundi, les représentants du Secrétariat COMESA ainsi que la Banque mondiale, partenaire technique et financier du projet.
Cette 3ᵉ réunion du CRC intervient dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires, politiques et socio-économiques persistants, particulièrement dans la partie Est de la RDC.
« Cette réunion du CRDC se tient à un moment crucial pour la RDC. N’eût été la détérioration soudaine de la situation sécuritaire dans certaines zones d’intervention, des résultats encore plus tangibles auraient déjà été enregistrés, tant au niveau des infrastructures que de la facilitation du commerce transfrontalier », a déclaré Maître Jean Jacques Elekano, Vice Gouverneur du Sud Kivu et Chef de la délégation de la RDC. Elle constitue un cadre stratégique d’échanges permettant d’évaluer l’état d’avancement de la mise en œuvre du PFCIGL, d’analyser les contraintes rencontrées et de proposer des ajustements opérationnels afin de préserver les acquis du projet et d’en maximiser l’impact au bénéfice des communautés.
Dans son allocution d’ouverture du segment technique, le Chef de la délégation de la RDC a rappelé que la présente réunion vise prioritairement à examiner l’état de mise en œuvre du PFCIGL en RDC, en tenant compte des réalités du terrain, notamment le contexte sécuritaire qui affecte certaines zones d’intervention du projet.
La présentation de la RDC a mis en lumière les progrès enregistrés dans les zones où les conditions opérationnelles le permettent, en particulier au poste frontalier de Kasindi, dans le Grand Nord, actuellement la principale zone active du projet en RDC.
« Malgré un environnement opérationnel contraignant, le PFCIGL continue de produire des effets concrets au bénéfice des communautés, notamment des femmes et des jeunes commerçants transfrontaliers. Notre priorité reste la protection des acquis et la poursuite des activités là où les conditions le permettent », a souligné Thierry Kayembe, Coordonnateur du PFCIGL en RDC. Les activités de facilitation du commerce transfrontalier, d’appui aux femmes et aux jeunes acteurs du commerce, ainsi que les actions de coordination régionale se poursuivent, malgré un environnement contraignant.
Toutefois, la délégation congolaise a souligné que la situation sécuritaire dans l’est du pays demeure un facteur limitant majeur, entraînant la suspension ou le ralentissement de certaines activités, notamment celles liées aux infrastructures et aux interventions communautaires dans les zones les plus affectées. Face à cette réalité, l’accent est mis sur la priorisation des activités maintenables, la protection des investissements déjà réalisés et l’adaptation du dispositif de mise en œuvre.
Prenant la parole, Madame Anne Marie Christine Apedo Amah, Chef de projet PFCIGL à la Banque mondiale, a réitéré l’engagement ferme de l’institution à accompagner les pays bénéficiaires dans l’accélération de la mise en œuvre du projet, malgré les contraintes actuelles.
« Il est essentiel d’accélérer la mise en œuvre des activités là où les conditions le permettent, notamment au Burundi et à Kasindi en RDC, tout en examinant ensemble les perspectives d’intervention en RDC afin de prioriser les activités maintenables, protéger les acquis et ajuster le dispositif opérationnel », a t elle indiqué. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination régionale, d’accélérer les activités là où les conditions le permettent – notamment au Burundi et à Kasindi en RDC – et d’examiner de manière concertée les perspectives d’intervention en RDC, en tenant compte du contexte sécuritaire.
La Banque mondiale a également appelé les parties prenantes à convenir d’une feuille de route claire et réaliste pour les prochains mois, afin d’atteindre les objectifs du PFCIGL et de répondre aux attentes des communautés bénéficiaires de la région des Grands Lacs.
De son côté, la partie burundaise a salué l’excellente coopération entre le Burundi et la RDC dans la mise en œuvre du PFCIGL, ainsi que l’appui constant de la Banque mondiale.
« Le CRC nous offre un cadre privilégié pour analyser ensemble l’état d’avancement du projet, proposer des ajustements en temps opportun et maintenir la dynamique régionale, malgré le contexte politique, socio économique et sécuritaire de notre sous région », a déclaré Madame Christine Niragira, Chef de la délégation du Burundi. Elle a souligné que le CRC constitue un mécanisme clé pour assurer un suivi régulier du projet, proposer des ajustements en temps opportun et maintenir la dynamique régionale, même dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et socio-économiques.
La réunion du CRC a également permis de partager une mise à jour de la situation régionale et d’identifier des orientations communes en vue de garantir la continuité des activités du projet, tout en préparant les éléments qui seront soumis à la réunion ministérielle prévue le 04 février 2026.
Au cours des échanges, les autorités de la province du Sud-Kivu ont formulé un plaidoyer appuyé en faveur de la continuité des activités du PFCIGL dans la province, malgré le contexte sécuritaire difficile. Elles ont souligné l’importance stratégique du projet pour la relance du commerce transfrontalier, la protection des moyens de subsistance des communautés locales et le renforcement de la résilience économique des femmes et des jeunes.
« Le PFCIGL représente un espoir concret pour les populations du Sud-Kivu. Nous appelons à la poursuite des activités du projet, avec les ajustements nécessaires, afin de préserver les acquis, soutenir les commerçants transfrontaliers et préparer une reprise rapide dès que les conditions sécuritaires le permettront », ont insisté les autorités provinciales, par la voix du Chef de la délégation de la RDC.
À l’issue des travaux du segment technique, les participants sont appelés à produire un rapport analytique assorti d’une feuille de route claire, définissant les priorités opérationnelles, les mesures de mitigation des risques et les actions à mener à court et moyen termes. Ces recommandations seront présentées lors de la réunion ministérielle, en vue d’orienter les décisions stratégiques pour la poursuite de la mise en œuvre du PFCIGL en RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
La 3ᵉ Réunion du CRC du PFCIGL s’affirme ainsi comme une étape déterminante pour consolider les acquis du projet, renforcer la coopération régionale et réaffirmer l’engagement collectif en faveur de la facilitation du commerce et de l’intégration régionale au service des populations.