PFCIGL RDC–Burundi : le PFCIGL engagé dans la structuration d’un système de groupage conforme au RECOS du COMESA
Bujumbura, 16 octobre 2026 – La RDC et le Burundi se sont convenus de poursuivre les travaux visant à structurer un système de groupage adapté aux réalités des PCT, conformément au RECOS du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA). Cette orientation constitue l’un des principaux résultats de la réunion bilatérale tenue du 14 au 16 octobre 2026 à Bujumbura, avec l’appui du PFCIGL.
Organisée par le Secrétariat du COMESA, avec la participation des représentants des administrations publiques, des services frontaliers, des associations de petits commerçants transfrontaliers et des unités de gestion du PFCIGL de la RDC et du Burundi, cette rencontre avait pour objectif de parvenir à une compréhension commune des principes du système de groupage, d’examiner ses modalités institutionnelles, opérationnelles et juridiques, et de définir une feuille de route pour sa mise en œuvre.
Au cours des travaux, la délégation congolaise a partagé les expériences acquises dans la mise en œuvre du système de groupage aux postes frontaliers de Goma, Bukavu, Kamanyola et Kasindi. Ce modèle permet notamment aux petits commerçants de mutualiser leurs commandes et, selon les modalités retenues, leurs ressources, de transporter collectivement leurs marchandises et de faciliter les opérations de dédouanement.
Les échanges ont mis en évidence plusieurs avantages de cette approche : la réduction des coûts de transport et des transactions, la limitation des retards et des paiements informels, ainsi que l’amélioration de l’accès aux marchés. Le système peut également contribuer au renforcement des chaînes de valeur agricoles, à la réduction des pertes après récolte et à une meilleure transparence commerciale.
Une attention particulière a été accordée aux femmes, qui représentent une part importante des acteurs du petit commerce transfrontalier dans la région des Grands Lacs. La présentation de la RDC a notamment souligné le potentiel du groupage pour améliorer leur participation économique et réduire leur exposition aux violences basées sur le genre.
Toutefois, la durabilité de cette pratique reste confrontée à plusieurs contraintes, dont l’insuffisance du fonds de roulement, le manque d’infrastructures de transport et de stockage, l’asymétrie de l’information et les difficultés de gouvernance au sein des associations.
L’un des principaux acquis de la réunion réside dans l’examen des propositions du Secrétariat du COMESA relatives au cadre institutionnel, à la procédure opérationnelle standard et à l’instrument juridique devant encadrer le système de groupage.
Les discussions ont relevé la nécessité de mieux définir le statut des groupes de commerçants, les responsabilités de leurs représentants, les modalités de déclaration en douane et les mécanismes garantissant la traçabilité des marchandises et des opérations commerciales.
Les participants ont également insisté sur l’importance de préserver le caractère volontaire du groupage, sans en faire une obligation pour les petits commerçants. Ils ont par ailleurs souligné la nécessité d’adapter les documents proposés aux cadres juridiques nationaux et aux réalités opérationnelles de chaque pays.
Pour le Burundi, le système de groupage fonctionne jusqu’à présent au niveau du transport des marchandises. Cela implique que le dédouanement se fait individuellement, même si les Petits commerçants Transfrontaliers ont déplacé ensemble leurs produits.
À cet effet, les délégations de la RDC et du Burundi ont convenu de constituer un groupe de travail technique conjoint chargé d’affiner les documents relatifs au système de groupage, en associant les administrations compétentes, les services douaniers et les associations de commerçants transfrontaliers.
Pour traduire ces engagements en actions concrètes, les participants ont adopté une feuille de route prévoyant plusieurs étapes.
La mise en place du groupe de travail technique conjoint est prévue à partir du 16 octobre 2026. Sa formalisation par les deux gouvernements est attendue au plus tard le 30 décembre 2026. La révision du cadre institutionnel, du modèle de procédure opérationnelle et du cadre juridique devra intervenir d’ici à la fin du mois de mars 2027.
Une réunion bilatérale de validation des documents révisés est ensuite programmée pour le 30 avril 2027, sous la coordination du Secrétariat du COMESA, avec la participation des deux pays et de leurs unités de gestion du PFCIGL.
Cette démarche progressive doit permettre de consolider les bases institutionnelles et réglementaires nécessaires à un système de groupage mieux organisé, plus transparent et adapté aux besoins des petits commerçants transfrontaliers.
À travers cette réunion, le PFCIGL poursuit son appui aux efforts de facilitation des échanges commerciaux entre la RDC et le Burundi. Le travail engagé avec le Secrétariat du COMESA et les administrations nationales vise à favoriser une meilleure coordination des acteurs, à clarifier les procédures et à renforcer les conditions d’exercice du petit commerce transfrontalier.
La prochaine étape sera déterminante : il s’agira de traduire les orientations retenues en instruments adaptés aux cadres juridiques des deux pays et aux réalités vécues par les commerçants sur le terrain.
Pour la RDC, l’enjeu est de consolider les acquis de l’expérience menée à ses postes frontaliers, tout en contribuant à la construction d’un dispositif harmonisé avec le Burundi. À terme, les travaux engagés ambitionnent de rendre le petit commerce transfrontalier plus accessible, plus transparent et plus résilient face aux perturbations qui affectent les échanges dans la région des Grands Lacs.
Rappelons que l’utilisation du système de groupage a commencé avec l’irruption du Covid 19 qui limitaient les mouvements des biens et des personnes et qui a contraint les Petits commerçants transfrontaliers à se regrouper et se faire représenter par un seul individu lors de l’achat, la vente et le transport des marchandises.
Certains participants soulignent la nécessité d’une sensibilisation accrue pour plus de compréhension du système de Groupage. Le Système hybride de groupage sera une réalité au moment où confiance entre les Petits commerçants transfrontaliers deviendra une pure réalité.