RDC-Burundi : dès le 1er juillet, un nouveau laissez-passer va faciliter la traversée des commerçants à Kavimvira/Gatumba
Kinshasa – Bujumbura, le 02 juin 2026 — C'est désormais officiel : c'est à dater du 1er juillet 2026 que la vie des milliers de familles, de migrants et de petits commerçants transfrontaliers va radicalement changer et devenir plus humaine entre la République Démocratique du Congo et la République du Burundi, au Poste frontlaier de Kavimvira / Gatumba.
Les autorités migratoires des deux nations ont scellé leur Accord de Coopération historique à la fin du mois d'avril dernier à Kinshasa en RDCongo, pour la mise en circulation des nouveaux outils marquant comme le point de départ d'une ère nouvelle, résolument tournée vers la facilitation du commerce transfrontalier. Ce partenariat stratégique, co-signé entre la Direction Générale des Migrations (DGM) congolaise et le CGM burundais, vient concrétiser une volonté commune de rapprocher les deux peuples, de faciliter les mouvements tout en renforçant la sécurité aux frontières.
Au cœur de cette révolution du quotidien, l'introduction d'un jeton électronique sécurisé et totalement gratuit promet de transformer les contrôles en un simple geste de routine. Baptisé "Jeton de Visite Transfrontalière" côté congolais et "Ujirani Mwema" (Bon Voisinage) du côté burundais, ce document va drastiquement simplifier les formalités administratives pour ceux qui vivent du commerce transfrontalier.
Interrogée sur cette évolution majeure, la Présidente des Associations des Commerçants Transfrontaliers (ACT) d’Uvira, TOSHA Sambaza, n'a pas caché son immense joie face à un tel progrès. Elle a chaleureusement salué cette facilitation de la traversée, soulignant avec émotion que « l'enregistrement et la reconnaissance mutuelle de ces nouveaux outils connectés permettront de réduire considérablement le temps de franchissement des frontières ». Pour elle, « c'est la fin des longues heures d'attente sous le soleil qui pénalisaient autrefois les affaires locales et épuisaient les vendeuses ».
Même satisfaction du côté du Burundi. « Je me sens très enchanté par le fait que les Petits Commerçants Transfrontaliers burundais et congolais franchirons traverseront les frontières communes de façon aisée, avec la mise à disposition des identifiants ou biométriques et de la Carte Ujirani Mwema. Cela permettra de lever certaines restrictions », a souligné Mr Polycarpe KUBWAYO, Secrétaire Exécutif de l’Association des Commerçants Transfrontaliers du Burundi(ACTF-Burundi.
Cette fluidité nouvelle s'accompagne également d'une dimension profondément sociale et solidaire, particulièrement saluée par les communautés locales. L'accord prévoit en effet l'aménagement de couloirs spécifiques aux postes frontaliers afin d'assurer un traitement prioritaire, chaleureux et digne aux migrants les plus vulnérables, à l'instar des femmes enceintes, des mères accompagnées d'enfants, des malades ou de nos aînés.
En parallèle, pour pérenniser cette dynamique et sécuriser les échanges face aux réseaux criminels, les deux pays prévoient de moderniser leurs infrastructures et d'évoluer à terme vers des Postes Frontaliers à Arrêt Unique, notamment sur l'axe névralgique de Kavimvira/Gatumba .
Le présent accord de coopération n'est pas un événement isolé, mais l'aboutissement d'un long processus diplomatique et technique entamé pour répondre aux réalités économiques et sécuritaires de la sous-région des Grands Lacs.
• Les origines de l'accord : Les bases de ce texte ont été jetées lors des travaux d'une commission mixte transfrontalière. Une feuille de route bilatérale avait été minutieusement élaborée les 8 et 9 décembre 2025 à Bujumbura, la capitale économique du Burundi, fixant les objectifs d'harmonisation des mesures policières et migratoires .
• Le cadre régional : Cette initiative s'inscrit en conformité avec les engagements pris par la RDC et le Burundi au sein de plusieurs organisations régionales. Elle répond aux directives de facilitation des mouvements des personnes et des biens prônées par la Communauté Est-Africaine (CEA), le Marché Commun de l'Afrique Oriental et Australe (COMESA), la Communauté Économique des États de l'Afrique Centrale (CEEAC) et la Communauté Économique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) .
• Les défis sécuritaires et humanitaires sous-jacents : Outre la relance des petits commerces, le dossier a été fortement motivé par la nécessité de lutter contre la criminalité transfrontalière organisée (fraude documentaire, contrebande, traite des êtres humains et réseaux d'immigration clandestine) .
• Appuis techniques et financiers : La mise en œuvre de cette feuille de route, incluant les futures formations conjointes des agents frontaliers et le déploiement des infrastructures des Postes Frontaliers à Arrêt Unique (OSBP) à Kavimvira/Gatumba, bénéficie du soutien technique de structures spécialisées, notamment le Projet de Facilitation du Commerce et Intégration dans la Région des Grands Lacs (PFCIGL) Projet régional, financé par la Banque mondiale .
L'élan de fraternité et d'efficacité né de ce partenariat historique ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Les deux services migratoires ont en effet acté des mécanismes de suivi rigoureux pour s'assurer que chaque promesse faite aux usagers de la frontière devienne une réalité pérenne. Dans cet esprit de concertation continue, les équipes techniques et les experts se préparent déjà à faire le point sur les premières étapes de mise en œuvre, en s'appuyant sur les bases solides et les orientations stratégiques définies lors de la réunion d'évaluation cruciale tenue à Kinshasa les 27 et 28 avril derniers. C'est de cette régularité dans le dialogue que naîtra la garantie d'une frontière durablement fluide, sûre et prospère pour les populations congolaise et burundaise.