Donner de la voix aux femmes commerçantes : Un simple SMS pour signaler et faire lever les obstacles au commerce transfrontalier
À travers un système innovant de signalement des barrières non tarifaires par SMS et en ligne, les institutions de la RDC et du Burundi renforcent la protection des commerçants transfrontaliers, en particulier des femmes qui constituent l’épine dorsale du commerce régional.
Du 9 au 12 mars 2026, la ville de Gitega a accueilli un atelier régional de formation des formateurs sur le système de signalement des Barrières Non Tarifaires (BNT) par SMS et via une plateforme numérique régionale développée par le COMESA.
Organisé dans le cadre du PFCIGL, avec l’appui financier de la Banque mondiale, cet atelier a réuni des représentants des administrations publiques, des mécanismes nationaux de facilitation du commerce ainsi que des acteurs du secteur privé de la RDC et du Burundi.
L’objectif : renforcer les capacités des institutions pour identifier, suivre et résoudre plus efficacement les obstacles qui entravent le commerce transfrontalier, avec une attention particulière portée aux femmes commerçantes.
Dans les régions frontalières de la RDC et du Burundi, le commerce transfrontalier de petite échelle constitue une activité économique essentielle. Des milliers de femmes traversent quotidiennement les frontières pour vendre des produits agricoles, des denrées alimentaires ou des biens de consommation courante.
Ce commerce contribue non seulement à l’approvisionnement des marchés locaux, mais également à la sécurité alimentaire et aux revenus des ménages dans les communautés frontalières.
Pourtant, ces femmes commerçantes sont souvent confrontées à de multiples obstacles : procédures administratives complexes, manque d’informations sur les réglementations commerciales, barrières non tarifaires ou difficultés pour signaler les abus rencontrés aux frontières.
C’est dans ce contexte que le système de signalement des BNT soutenu par le COMESA et le PFCIGL vise à donner aux commerçants, et particulièrement aux femmes, un outil simple et accessible pour faire entendre leur voix.
Grâce au système mis en place, les commerçants peuvent désormais signaler rapidement les obstacles rencontrés aux frontières via un SMS ou à travers une plateforme numérique dédiée.
Les plaintes sont ensuite enregistrées et transmises aux institutions compétentes qui assurent leur suivi et travaillent à leur résolution à travers les mécanismes nationaux et régionaux de traitement des barrières non tarifaires.
Pour les femmes commerçantes, souvent limitées dans leur accès aux mécanismes institutionnels classiques, cette innovation représente une avancée importante vers une plus grande transparence et une meilleure protection de leurs activités commerciales.
L’atelier de Gitega s’inscrit dans une approche de formation des formateurs, permettant de créer un réseau d’experts nationaux capables de diffuser ces connaissances auprès des administrations frontalières, des organisations professionnelles et des associations de commerçants.
Les participants ont été formés à :
l’utilisation du système de signalement des BNT par SMS ;
la gestion et le suivi des plaintes et griefs ;
les mécanismes institutionnels de résolution des obstacles au commerce.
Moment marquant de l’atelier, une remise symbolique des outils de gestion des plaintes et des registres de greffe a été effectuée par le COMESA aux chefs de délégation de la République démocratique du Congo et du Burundi.
Ces outils permettront aux institutions nationales de renforcer leur capacité à enregistrer, suivre et traiter efficacement les plaintes liées aux barrières non tarifaires.
En facilitant l’identification et la résolution des obstacles au commerce, cette initiative contribue à créer un environnement commercial plus équitable, plus transparent et plus sécurisé pour les commerçants transfrontaliers.
Pour les femmes et les filles engagées dans ces activités économiques, l’accès à des mécanismes de recours simples et efficaces constitue une étape déterminante vers une autonomisation économique durable.
À travers les actions menées dans le cadre du PFCIGL, les partenaires du projet entendent ainsi renforcer la participation des femmes au commerce régional, améliorer leurs revenus et soutenir leur contribution au développement économique de la région des Grands Lacs.
Pour de nombreuses femmes commerçantes transfrontalières, signaler un obstacle administratif ou un abus relevait jusque-là d’un parcours complexe et souvent inaccessible.
Grâce au système de signalement des barrières non tarifaires, elles disposent désormais d’un canal direct pour alerter les autorités compétentes et contribuer à l’amélioration progressive des conditions du commerce aux frontières.
En donnant aux femmes commerçantes les moyens de faire entendre leurs préoccupations, cette initiative participe à construire un commerce régional plus inclusif, plus transparent et plus favorable à l’autonomisation économique des femmes et des filles.